Rassemblement de femmes et de filles lors d'une activité communautaire de J-GEN Sénégal

Newsletter semestrielle — Janvier à juin 2026

Six mois d'actions pour les droits et l'autonomisation des femmes et des filles

Au cours du premier semestre 2026, J-GEN Sénégal a poursuivi ses actions en faveur de la protection, de la santé, de la participation citoyenne et de l'autonomisation des femmes et des filles.

Les grands axes d'intervention

Axe 1

Prévenir les violences basées sur le genre et accompagner les survivantes

Prévenir les violences basées sur le genre, accompagner les survivantes et renforcer la résilience des communautés et des institutions locales.

Prévention des VBG et accompagnement des survivantes

ELLES AUSSI

À Niakhar, quatre cercles de guérison ont réuni 38 survivantes réparties en quatre groupes. Dans ces espaces confidentiels et bienveillants, elles ont pu partager leur expérience, exprimer leurs émotions et entamer un processus de reconstruction psychosociale. Les règles de fonctionnement — confidentialité, respect, écoute active — ont été définies collectivement, afin que la parole puisse se libérer en sécurité.

Mis en œuvre dans la région de Fatick, ELLES AUSSI vise à renforcer la prévention des violences basées sur le genre et à améliorer la prise en charge communautaire des survivantes.

Territoires : Fatick, Diouroup, Niakhar

L'intervention a reposé sur une approche participative centrée sur le care, appuyée par des outils ludo-pédagogiques : cartes projectives, jeux de ballons, exercices de vocalisation. Cette méthode a facilité l'expression émotionnelle, réduit les blocages liés aux traumatismes et renforcé la cohésion et la sororité au sein des groupes.

Les échanges ont mis en évidence des mécanismes structurels qui dépassent les situations individuelles : la dépendance économique comme facteur majeur de vulnérabilité, l'existence de systèmes de prédation sociale et économique, et une « économie du silence » qui protège les auteurs et isole les survivantes.

Quatre besoins prioritaires ont été exprimés : un accès durable à un accompagnement psychosocial adapté, la mise en place d'espaces sûrs et permanents, le renforcement de l'autonomisation économique et l'amélioration des mécanismes de protection et d'accès à la justice.

Découvrir le programme ELLES AUSSI
Atelier national consacré au rôle des Bajenu Gox dans le cadre du programme KIIRAY

Résilience communautaire et institutionnelle

KIIRAY

Le programme s'est ouvert par deux lancements officiels, à Diamaguène Sicap Mbao et à Yoff, qui ont réuni les autorités territoriales, les organisations de la société civile, les acteurs communautaires et les populations locales. Ces rencontres ont renforcé les capacités des élus sur la gouvernance sensible au genre, le budget sensible au genre, le budget participatif et les mécanismes de redevabilité.

KIIRAY vise à renforcer la résilience communautaire et institutionnelle face aux violences basées sur le genre. Le programme travaille avec les collectivités territoriales, les acteurs communautaires, les services techniques et les communautés, et promeut la gouvernance sensible au genre, la budgétisation sensible au genre, le budget participatif et la redevabilité.

Territoires : Fatick, Diamaguène Sicap Mbao, Yoff, Biscuiterie/Grand-Dakar, Ouakam/Sacré-Cœur

Des diagnostics participatifs conduits dans les communes ont ensuite permis d'identifier les besoins des populations en matière de VBG, d'autonomisation économique des femmes, d'accès aux services sociaux et de participation citoyenne. Ils ont abouti à trois plans d'action locaux, élaborés et budgétisés à Fatick, Diamaguène Sicap Mbao et Yoff, qui servent désormais de feuilles de route aux interventions.

Le deuxième trimestre a été consacré aux Bajenu Gox. Un atelier national de renforcement des capacités et de plaidoyer a porté une meilleure reconnaissance de leur rôle dans la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre, avant qu'un atelier de validation ne consolide leur plan d'action en une feuille de route commune.

Le programme a enfin organisé des dialogues intergénérationnels à Biscuiterie/Grand-Dakar et à Ouakam/Sacré-Cœur. Ces espaces ont fait dialoguer les générations autour des violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux filles, tout en sensibilisant les communautés aux moyens de prévention et de protection.

Découvrir le programme KIIRAY

Axe 2

Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR) et justice reproductive

Améliorer l'accès à une information fiable sur les droits et la santé sexuels et reproductifs, et porter un plaidoyer argumenté auprès de tous les acteurs.

Session de formation de jeunes leaders sur les droits et la santé sexuels et reproductifs

Plaidoyer pour la justice reproductive

PAS À PAS

Le mouvement s'organise autour de quatre sous-mouvements — les jeunes, les acteurs communautaires, les professionnels des médias et les acteurs religieux — afin d'assurer une mobilisation représentative et une action concertée.

PAS À PAS est un programme de plaidoyer pour la justice reproductive. Il mobilise les jeunes, les acteurs communautaires, les professionnels des médias et les acteurs religieux. Le programme porte sur les DSSR et le plaidoyer pour l'accès à l'avortement sécurisé en cas de viol ou d'inceste.

Territoires : Pikine, Tivaouane Peulh, Patte d'Oie

Avec les acteurs religieux, deux rencontres en ligne et une rencontre en présentiel ont été organisées avec les mouvements de l'ANAR/JRS. Le Groupe Revue Littéraire et le Groupe Approche, Contenu et Méthodologie y ont mené un travail d'analyse, de relecture et d'harmonisation qui a permis de consolider puis de finaliser l'argumentaire religieux ; il ne reste plus qu'à y intégrer la version arabe.

En parallèle, un processus d'enrôlement a été enclenché auprès des jeunes et des acteurs communautaires : 60 jeunes leaders ont rejoint le mouvement dans les communes de Pikine Nord et Est, Tivaouane Peulh et Patte d'Oie.

Ces jeunes ont ensuite été formés au deuxième trimestre, à Pikine, Tivaouane Peulh et Patte d'Oie. Les sessions ont porté sur les droits en santé sexuelle et reproductive, sur les argumentaires en faveur de l'avortement sécurisé dans les cas prévus par le plaidoyer, et sur les stratégies de compréhension et de réponse aux mouvements anti-droits. Des plans d'action ont été élaborés pour pérenniser les initiatives, et les participant·e·s se sont portés volontaires pour démultiplier la formation auprès de leurs pairs.

Partenaires : IPAS · AmplifyChange

Découvrir le programme PAS À PAS
Cercle de sororité réunissant des jeunes femmes à Yoff

Jeunes Volontaires pour la Santé Sexuelle et Reproductive

JVSSR

Le projet est entré dans sa deuxième année, qui vise à consolider les acquis des interventions précédentes et à renforcer la pérennité des mécanismes communautaires en faveur des adolescentes et des jeunes femmes. Le premier trimestre a été consacré à la planification et à la budgétisation, avec la validation du plan d'action et le lancement du recrutement d'un consultant chargé de l'étude de base.

Le projet Jeunes Volontaires pour la Santé Sexuelle et Reproductive est mis en œuvre dans la commune de Yoff avec le soutien de Speak Up Africa, dans le cadre de l'Initiative Voix Essentielles. Il vise à améliorer l'accès des adolescent·e·s et des jeunes à des informations fiables et à des services préventifs en matière de santé sexuelle et reproductive.

Territoires : Yoff, Ndenatte, Therme Nord

Les activités de terrain ont démarré au deuxième trimestre, avec la volonté de produire des données probantes. Une étude sur les perceptions de la communauté de Yoff en matière de DSSR et de VBG a été réalisée, puis restituée lors d'un atelier réunissant l'ensemble des parties prenantes, ce qui a permis d'orienter les interventions selon les besoins identifiés.

Dans cette dynamique, deux cercles de sororité ont été organisés dans les quartiers de Ndenatte et de Therme Nord. Ces espaces d'échange ont réuni des adolescentes et de jeunes femmes de profils variés autour de discussions, de travaux de groupe et de réflexion collective. Les participantes y ont renforcé leurs connaissances sur la citoyenneté active, les notions de genre et de sexe, les droits fondamentaux et les différentes formes de violences basées sur le genre.

Ces cercles ont également permis d'identifier les principaux défis auxquels les jeunes filles sont confrontées : mariages précoces et forcés, abandons scolaires, violences conjugales, psychologiques, verbales et économiques, et normes sociales discriminatoires. À l'issue des séances, les participantes se sont montrées engagées à agir comme relais au sein de leur communauté.

Partenaires : Speak Up Africa · Initiative Voix Essentielles

Découvrir le projet JVSSR

Axe 3

Autonomisation économique des jeunes femmes et des filles au Sénégal

Former, structurer et accompagner des groupements de jeunes femmes vers des activités génératrices de revenus durables.

Session de formation professionnelle réunissant des membres d'un GIE de jeunes femmes

Autonomisation économique et sociale

Liggeyal Ëlëg

Après avoir créé et formalisé six GIE, J-GEN Sénégal a organisé à leur profit des sessions de formation aux métiers dans les régions de Fatick et de Kaolack.

Liggeyal Ëlëg est un projet d'autonomisation économique et sociale destiné aux jeunes filles non scolarisées ou déscolarisées, aux jeunes femmes vulnérables et aux mères célibataires âgées de 16 à 35 ans.

Territoires : Fatick, Kaolack

À Kaolack, les formations ont porté sur la pâtisserie avec le GIE « Les Amazones villageoises de Gandiaye », sur la saponification avec le GIE « Mbogga Yiff des jeunes femmes de Sibassor » et sur la restauration avec le GIE « Les jeunes femmes autonomes de Kaolack ».

À Fatick, le GIE « Niak Dieurignou » de la commune de Fatick a bénéficié d'une formation en teinture, tandis que les GIE « Ligueyal Sama Gokh » de Diouroup et « Mbokator Ndamite Rew wé » de Niakhar ont été formés en pâtisserie.

Ces sessions ont été supervisées par les partenaires de mise en œuvre des deux régions : l'Association Action pour le Développement du Sénégal à Kaolack et l'Association des Bajenu Gox de Fatick. Les équipes retiennent que la formation pratique facilite l'apprentissage et la maîtrise des techniques, et que la transformation alimentaire constitue une réelle opportunité économique pour les femmes.

Partenaires : Association Action pour le Développement du Sénégal (Kaolack) · Association des Bajenu Gox de Fatick

Découvrir le projet LIGGEEYAL ËLËG

Axe 4

Plaidoyer féministe : réforme du Code de la famille et participation citoyenne

Créer les conditions d'un dialogue entre les parlementaires, les institutions et les communautés, et faire avancer les réformes juridiques.

Réunion d'orientation réunissant les parties prenantes du programme Naatal Jaboot Gui

Réforme du Code de la famille et dialogue citoyen

Naatal Jaboot Gui

Le programme porte un plaidoyer collectif et coordonné pour accélérer la réforme du Code de la famille sénégalais, en tenant compte des réalités sociales actuelles. Mis en œuvre dans les régions de Dakar et de Thiès, il cherche à créer un cadre de dialogue entre les parlementaires et les communautés, et en particulier les femmes.

Le programme vise notamment à soutenir le plaidoyer en faveur de la révision des dispositions discriminatoires du Code de la famille. Il cherche à créer un dialogue entre les parlementaires et les communautés, particulièrement les femmes.

Une réunion d'orientation s'est tenue les 16 et 17 mars 2026 à Sama Hôtel, aux Almadies. Elle a permis de définir les orientations stratégiques, organisationnelles et méthodologiques du processus des Assises nationales citoyennes.

Les participants y ont validé la réorganisation des instances de gouvernance, avec un Comité technique chargé de l'orientation scientifique et un Comité de pilotage responsable de la coordination opérationnelle et des pré-assises régionales. Ils ont également identifié les thématiques qui structureront les consultations : accès aux ressources, réformes juridiques, autonomisation économique, santé, leadership, violences basées sur le genre, famille et justice climatique.

Découvrir le programme Naatal Jaboot Gui

Processus national de dialogue citoyen

Assises nationales citoyennes

Le processus préparatoire a été lancé au deuxième trimestre avec l'élaboration d'une feuille de route, qui rassemble l'ensemble des activités préalables conduisant à la tenue des Assises, dont l'organisation des pré-assises au niveau national.

Les Assises nationales citoyennes sur les droits des femmes et des filles constituent un processus national de dialogue, préparé tout au long du semestre par la mise en place de ses instances de gouvernance.

Un comité technique composé d'expert·e·s a été créé pour accompagner la préparation, et un atelier d'installation et de structuration du Comité de pilotage des Assises nationales citoyennes sur les droits des femmes et des filles du Sénégal a été organisé.

Suivre les Assises nationales citoyennes

Dates annoncées dans les rapports : Du 25 au 27 novembre 2026. Dates indiquées comme prévisionnelles dans les rapports trimestriels — à confirmer avant diffusion.

Les temps forts

Mobilisation du 7 mars 2026 à Guédiawaye pour la Journée internationale des droits des femmes

Journée internationale des droits des femmes

7 mars 2026Guédiawaye

Placée sous le thème « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles », la célébration a mobilisé 2 091 personnes, pour une cible prévue de 2 000. Elle s'est terminée par la lecture d'un mémorandum.

  • 2 091 personnes mobilisées, pour une cible prévue de 2 000.
  • Participation d'autorités locales, de leaders communautaires et d'organisations de la société civile.
  • Thème : « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles ».
  • Lecture d'un mémorandum en clôture de la rencontre.
  • Le mémorandum réaffirme notamment la demande de reconnaissance juridique du féminicide et le renforcement des mécanismes de protection et d'accès à la justice.

Atelier des défenseur·e·s des droits humains

10 – 12 mars 2026Saly

Cet atelier a réuni des organisations de la société civile, des institutions publiques et des partenaires autour de la sécurité des défenseur·e·s et des mécanismes de protection.

  • Réunion d'organisations de la société civile, d'institutions publiques et de partenaires.
  • Thèmes abordés : sécurité des défenseur·e·s, protection des données personnelles, désinformation, mouvements anti-droits, accès à l'information et mécanismes juridiques de protection.
  • Élaboration d'un plan d'action commun pour 2026.
  • Ce plan comporte notamment la concertation nationale, le renforcement des capacités, le plaidoyer pour une loi de protection et les mécanismes d'alerte et de protection collective.

Rapport Beijing +30

Le rapport du deuxième trimestre mentionne la tenue d'un atelier de restitution du rapport des 30 ans de Beijing. Aucun détail supplémentaire n'est fourni dans le document source.

Les chiffres du semestre

  • 2 091

    personnes mobilisées

    Journée internationale des droits des femmes, 7 mars 2026 à Guédiawaye (cible prévue : 2 000)

  • 38

    survivantes accompagnées

    Cercles de guérison du projet ELLES AUSSI à Niakhar, réparties en quatre groupes

  • 4

    cercles de guérison organisés

    Projet ELLES AUSSI, Niakhar — premier trimestre 2026

  • 6

    GIE ayant bénéficié de formations

    Projet Liggeyal Ëlëg, régions de Fatick et Kaolack — GIE créés et formalisés

  • 3

    plans d'action locaux élaborés

    Programme KIIRAY — Fatick, Diamaguène Sicap Mbao et Yoff, plans budgétisés

  • 60

    jeunes leaders enrôlés

    Programme PAS À PAS, selon le tableau des indicateurs du premier trimestre

  • 2

    cercles de sororité organisés

    Projet JVSSR à Yoff — quartiers de Ndenatte et Therme Nord

À noter — 120 bénéficiaires visées : Cible du projet Liggeyal Ëlëg dans les régions de Fatick et Kaolack. Il s'agit d'un objectif, non d'un résultat atteint.

Partenaires cités dans les rapports du semestre

  • IPAS
  • AmplifyChange
  • Speak Up Africa — Initiative Voix Essentielles
  • Association Action pour le Développement du Sénégal (Kaolack)
  • Association des Bajenu Gox de Fatick

Poursuivons ensemble

Ces avancées ont été rendues possibles par l'engagement des équipes, des communautés, des collectivités territoriales et des partenaires de J-GEN Sénégal. Ensemble, poursuivons la construction d'un environnement plus juste, plus sûr et plus égalitaire pour les femmes et les filles.