Dialogues intergénérationnels à Grand-Dakar et Ouakam : parler des violences entre générations
Le programme KIIRAY a organisé des dialogues intergénérationnels dans les communes de Biscuiterie/Grand-Dakar et Ouakam/Sacré-Cœur, consacrés aux violences sexuelles et sexistes et à leur prévention.
Sur les violences faites aux femmes, deux générations d'une même famille ne disposent souvent ni du même vocabulaire, ni des mêmes références, ni de la même idée de ce qui est acceptable. Au deuxième trimestre 2026, le programme KIIRAY a organisé des dialogues intergénérationnels dans les communes de Biscuiterie/Grand-Dakar et de Ouakam/Sacré-Cœur pour ouvrir cette conversation.
Pourquoi réunir les générations plutôt que les séparer
La sensibilisation s'adresse le plus souvent à un public homogène : les jeunes filles entre elles, les mères entre elles, les hommes entre eux. Cette segmentation facilite la prise de parole, mais elle laisse intacte la transmission des normes, qui se joue précisément entre les groupes plutôt qu'à l'intérieur de chacun.
Le dialogue intergénérationnel fait le pari inverse. Il réunit dans un même espace celles et ceux qui transmettent une norme et celles et ceux qui la reçoivent, et rend discutable ce qui, d'ordinaire, ne se discute pas.
Ce que ces espaces ont permis
Ces espaces d'échange ont favorisé le dialogue entre les générations autour des violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux filles. Ils ont également servi à sensibiliser les communautés sur les moyens de prévention, sur les mécanismes de protection et sur la promotion des droits des femmes et des filles.
Les deux communes retenues ne se ressemblent pas. Biscuiterie et Grand-Dakar appartiennent à un Dakar dense, populaire et très brassé ; Ouakam et Sacré-Cœur conservent une organisation communautaire plus ancienne, où l'autorité des aînés pèse davantage sur ce qui peut se dire en public. Tenir le même exercice dans ces deux contextes permet d'éprouver la méthode plutôt que de la supposer transposable.
Une brique du dispositif KIIRAY
Ces dialogues complètent le travail institutionnel mené par ailleurs dans le programme, notamment l'élaboration de plans d'action locaux budgétisés et la structuration du rôle des Bajenu Gox. Les deux dimensions sont indissociables : un dispositif de protection dont la communauté ne se saisit pas reste lettre morte, et une communauté mobilisée sans dispositif financé reste sans recours.
Cet article s'inscrit dans le programme
KIIRAY