Les Bajenu Gox se dotent d'une feuille de route contre les violences basées sur le genre
Un atelier national puis un atelier de validation ont permis aux Bajenu Gox de faire reconnaître leur rôle dans la prévention des violences basées sur le genre et de consolider un plan d'action commun.
Dans beaucoup de quartiers sénégalais, la première personne à qui une femme parle d'une violence subie n'est ni une policière ni une travailleuse sociale : c'est une Bajenu Gox. Au deuxième trimestre 2026, le programme KIIRAY a consacré deux ateliers successifs à faire reconnaître ce rôle et à lui donner un cadre.
Un rôle exercé sans mandat explicite
Les Bajenu Gox — les « marraines de quartier » — constituent depuis des années un maillon reconnu de la santé communautaire au Sénégal, en particulier sur la santé maternelle et infantile. Leur intervention sur les violences basées sur le genre, elle, s'est longtemps exercée sans mandat explicite : par proximité, par confiance, et donc de manière inégale d'un quartier à l'autre.
C'est ce décalage que l'atelier national de renforcement des capacités et de plaidoyer a cherché à traiter, en promouvant une meilleure reconnaissance du rôle des Bajenu Gox dans la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre.
De la reconnaissance au plan d'action
La reconnaissance seule ne change pas les pratiques. L'atelier national a donc été suivi d'un atelier de validation du plan d'action des Bajenu Gox, qui a permis de consolider une feuille de route commune.
Le mot « commune » est ici l'essentiel. Une feuille de route partagée permet qu'une survivante reçoive la même qualité d'orientation quel que soit le quartier où elle vit, et que les Bajenu Gox cessent de reposer sur leur seul engagement personnel pour s'appuyer sur un cadre collectif.
Un acquis reconnu par les intéressées
Le bilan du trimestre retient comme principal point fort une meilleure reconnaissance de leurs rôles et de leurs responsabilités. C'est le résultat recherché : non pas ajouter une charge de travail supplémentaire à des femmes déjà très sollicitées, mais nommer et légitimer un travail qu'elles accomplissaient déjà.
Les recommandations issues du programme portent d'ailleurs sur l'amélioration des conditions de travail de ces actrices communautaires, ainsi que sur la révision du Code de la famille — signe que les Bajenu Gox, au contact quotidien des situations, identifient les causes juridiques des violences autant que leurs manifestations.
Cet article s'inscrit dans le programme
KIIRAY
